Thomas Laloë : Quand les mathématiques rencontrent les risques

  • Recherche
  • Science et Société
Publié le 6 mars 2026 Mis à jour le 6 mars 2026
Date(s)

du 9 février 2026 au 16 février 2026

Mathématiques et statistiques permettent de comprendre et d’anticiper les événements rares. Le projet McLaren de Thomas Laloë explore l’apprentissage statistique et l’évaluation des risques pour analyser des données complexes et détecter les risques.

Pour Thomas Laloë, enseignant-chercheur à Université Côte d’Azur au Laboratoire Jean Alexandre Dieudonné, le goût des mathématiques remonte à ses années de lycée. « J’ai eu envie de faire des mathématiques en terminale, grâce à un professeur qui m’a fait voir leur beauté et l’amusement possible avec cette discipline », raconte-t-il.

C’est plus tard, au cours de son master, qu’il s’oriente vers les statistiques. Aujourd’hui, ses recherches se situent à l’intersection de l’apprentissage statistique et de l’évaluation des risques. Au cœur de son projet de recherche,  soutenu par l'Agence National de la Recherche, se trouve une question centrale : comment analyser des données de plus en plus complexes pour mieux identifier les situations atypiques ou les événements rares.

Dans un contexte où l’apprentissage machine occupe une place croissante dans de nombreux secteurs, l’explosion des données,  souvent fonctionnelles ou de grande dimension,  pose en effet de nouveaux défis statistiques. Son projet s’appuie notamment sur la notion d’ensembles de niveaux (level sets), un outil mathématique permettant de modéliser des zones de probabilité forte ou faible dans une distribution de données.

Cette approche permet d’explorer plusieurs enjeux majeurs : mieux détecter des anomalies dans des données complexes grâce à la profondeur statistique, regrouper automatiquement des observations similaires (clustering), mais aussi mieux estimer les risques, par exemple des crues exceptionnelles, des krachs financiers ou des pics de pollution. Autant de problématiques où l’anticipation d’événements rares peut avoir des conséquences importantes en finance, en santé publique ou dans la gestion environnementale.

Mais lorsqu’on lui demande de choisir un objet emblématique de son travail, la réponse surprend par sa simplicité : une craie.

Dans le quotidien d’un mathématicien, cet outil reste incontournable. « Une grande partie de notre travail consiste à écrire des maths au tableau avec les collègues », explique-t-il. La craie devient alors le support d’échanges, de démonstrations et d’idées qui se construisent collectivement. Simple, robuste et toujours disponible, elle incarne aussi la dimension vivante des mathématiques : une discipline qui se partage, s’explique et se transmet, souvent… à même le tableau.

Pour en savoir plus et découvrir l’intégralité du portrait de Thomas Laloë, rendez-vous dans INTERVALLE — Le magazine n°3 : "Des Statistiques au Machine Learning".