Retour table ronde : Bien vieillir ensemble à travers l’activité physique

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Publié le 8 novembre 2023 Mis à jour le 12 décembre 2023
Date(s)

du 8 novembre 2023 au 30 novembre 2023

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Retour sur la table ronde du 10 octobre 2023 « Bien vieillir ensemble à travers l’activité physique ». Lors de l’échange, l’activité physique a fait l’unanimité : pour vieillir en bonne santé, il faut bouger, et à son rythme. Ce dernier point est crucial afin d’entretenir une bonne forme physique sans se faire peur. Il n’y a pas d’âge pour progresser, mais il vaut mieux être accompagné !

Retour sur la table ronde du 10 octobre 2023 « Bien vieillir ensemble à travers l’activité physique » organisée suite à la signature d’une chaire Science et Société par la Ville de Nice, la Métropole Nice Côte d’Azur et Université Côte d’Azur. Elle a été introduite par Xavier Latour, Vice-président métropolitain, délégué à l’Enseignement Supérieur à la Recherche et à la Formation continue et Conseiller municipal, ainsi que par Noël Dimarcq, Vice-Président Recherche et Innovation Université Côte d'Azur. L’échange s’est ensuite déroulé autour du micro de Lionel Cavicchioli, journaliste de la rubrique Santé à The Conversation France, et a permis d’explorer les moyens d’employer l’activité physique à des fins de santé.  
 

Étaient présents : Frédéric Chorin, Fabienne D’Arripe-Longueville et Antoine Noël Racine, chercheuse et chercheurs rattachés au Laboratoire Motricité Humaine Expertise Sport Santé - LAMHESS (Université Côte d’Azur), Frédéric Prat, du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Nice, Rémi Conte, sportif de haut niveau et chargé de Sport en Entreprise au CHU de Nice, Charlène Falzon, cheffe de service Animation et Maisons des Seniors à la Ville de Nice, et Jean-François Tordo, joueur de rugby, ancien talonneur du XV de France et pendant deux ans, entraineur du Club sportif Bourgoin-Jallieu rugby. 

Pour lancer la discussion, Frédéric Prat a pris la parole et présenté le projet Pré.S.Age (Prévention du Sujet Agé). Il s’agit d’une démarche de science participative proposant des parcours de prévention sur mesure afin d’améliorer l’autonomie des séniors et de les encourager à devenir acteurs de leur propre santé. Avec ce projet, Université Côte d’Azur et le CHU de Nice sont les lauréats de l’appel à projets « Autonomie : vieillissement et situations de handicap ». 

« Vivre vieux, c’est bien, vivre mieux et rester en bonne santé, c’est mieux » 

C’est avec cette  affirmation que Lionel Cavicchioli a ensuite rappelé l’augmentation de l’espérance de vie. Doublant presque au cours du XXème siècle, elle atteint aujourd’hui 79,4 ans chez les hommes et 85,3 et chez les femmes. Cependant, la durée de vie passée en bonne santé et sans limitation d’activité due à l’âge demeure étendue. Alors comment faire pour « mieux vieillir » ? 

Frédéric Chorin a commencé par retracer ce qu’il se passe en matière de capacités physiques lorsque nous vieillissons. C’est avec le sourire qu’il a expliqué l’existence de trois paliers de déclin : à 35 ans, 65 ans et 80 ans. L’objectif pour vieillir en bonne santé est de repousser le plus longtemps possible le passage de chaque seuil, afin de faire reculer la dépendance des seniors. Soyez rassurés, Antoine Noël Racine a ensuite affirmé qu’il était possible d’améliorer ses capacités à n’importe quel âge, grâce à une recette de moins en moins secrète : une activité physique adaptée. La discussion s’est ainsi orientée vers les bienfaits de cette dernière pour vieillir en bonne santé.  

« La pratique d’une activité physique nécessite de la régularité et permet de travailler sa motivation » 

Les bénéfices de l’activité physique sont biologiques d’une part, car elle réduit les risques cardio-vasculaire, permet de développer sa musculature ou encore sa mobilité, mais ils sont également psychologiques et sociaux. Rémi Conte, sportif de haut niveau, a expliqué qu’à travers le sport, il travaillait sa motivation et sa capacité à vouloir progresser. Fabienne D’Arripe-Longueville a renchéri en détaillant les liens entre les troubles anxieux, le stress et l’activité physique. Cette dernière améliore leurs symptômes et apporte de la confiance en soi. La chercheuse a également apporté des précisions sur l’effet social de l’activité physique. Il existe trois raisons qui la rende si motivante : le plaisir ressenti lors de l’activité, le sentiment de compétence, lorsque nous progressons, et le besoin d’affiliation social, à savoir le bonheur d’être avec les autres. 

Jean-François Tordo a ensuite pris la parole pour évoquer d’un point de vue personnel son approche de l’activité physique. Ancien joueur et entraineur de rugby, il a raconté l’école de la vie qu’était le sport pour lui. À 60 ans, il est aujourd’hui en pleine santé et désir mettre en avant l’activité physique à travers son expérience. « Ici on a la mer et la montagne, ma reconversion est assurée. J’essaye de tirer les jeunes vers le haut en allant dans les écoles pour parler sport, santé et environnement. » 

« Les gens très consciencieux et optimistes vont avoir une santé meilleure » 

Malgré la mise en évidence des bienfaits de l’activité physique, certaines personnes ont du mal à franchir le pas. Lors de l’échange, Fabienne est revenue sur les barrières à surmonter dans certains cas et les différences entre individus. Elle prend l’exemple de l’âge chronologique, qui n’est pas forcément en accord avec l’âge subjectif ressenti par une personne. Quelqu’un de volontaire et optimiste aura tendance à se sentir plus jeune et motivé. Il franchira généralement le seuil de dépendance plus tard qu’un individu pessimiste et négatif.  

La chercheuse a détaillé la multiplicité des barrières psychologiques. Ainsi elles peuvent aussi être de l’ordre de la représentation de l’activité physique, à savoir la peur de la blessure ou de la douleur. De même, certaines personnes associent le sport à une activité qui serait trop intense pour elles, et d’autres encore n’ont pas un environnement adapté. 

« Il faut bouger quoi qu’il arrive sans forcément viser un chiffre précis »

Frédéric Chorin et Antoine Noël Racine ont alors insisté sur le fait que la pratique d’une activité physique est à la portée de tout le monde. Quel que soit l’âge, le seul fait de se remettre en mouvement et d’augmenter le niveau petit à petit est bénéfique. Ils ont aussi souligné l’importance de la régularité. Pour illustrer ses propos, Frédéric a questionné le public : « À votre avis, qu’est ce qui fonctionne le mieux entre se brosser les dents sept fois le dimanche ou un peu tous les jours ? Et bien l’activité physique c’est la même chose ». 

Attention toutefois, suite à ces discours, Charlène Falzon a fortement recommandé le fait de se faire encadrer. « Faites-vous accompagner dans la mesure du possible car on trouve beaucoup de contenu qui n’est pas forcément adapté à tous les profils ». Afin de progresser et d’adopter l’activité physique qui convient le mieux, la Cheffe de service Animation et Maisons des Seniors à la Ville de Nice a ensuite indiqué les dispositifs mis en place dans la région. 

« La ville de Nice propose des programmes avec un suivi de régularité » 

Pour commencer, Charlène a cité des activités accessibles à partir de 55 ans avec la carte 55+ proposée par la Maison des séniors. Elle a ensuite évoqué la carte métropole, qui permet la pratique gratuite de séances de remise en forme dans le programme « Seniors en Forme ». Puis, elle a indiqué la Maison sport santé, qui accompagne les personnes souhaitant pratiquer une activité physique à des fins de santé. Un enseignant de l’activité physique adaptée réalise un bilan de forme (une heure et gratuit), puis oriente la personne vers la structure partenaire la plus adaptée.  

Enfin, Charlène est revenue sur un point qui était primordial pour elle : l’accessibilité financière des activités. En effet, les activités proposées dans des contextes autres que pathologiques ne sont pas forcément prises en charge par la sécurité sociale. L’activité physique la plus pratique, et la moins à risque, reste la marche à pied. La ville de Nice propose notamment des boucles de marches pour aider et motiver les marcheurs avec de quoi faire des exercices de renforcement musculaire et des thématiques pour en apprendre plus sur un sujet. 

La table ronde s’est terminée avec un échange entre les intervenants et le public. Les questions ont été nombreuses, et se sont soldées par un cocktail lors duquel chacun a pu discuter plus amplement avec les personnes présentes. 


Service Science et Société d'Université Côte d'Azur