Projet Goldilocks : le dosage SF-1, la clé dans le développement des certaines glandes
Le facteur de transcription Steroidogenic Factor 1 (SF-1), également appelé NR5A1, est une protéine essentielle pour le bon fonctionnement de notre corps. Mais qu'est-ce que cela signifie concrètement ? Le SF-1 joue un rôle crucial dans le développement de certaines glandes importantes : les glandes surrénales et les gonades.
Les glandes surrénales, situées au-dessus de chaque rein, sont responsables de la production d'hormones vitales telles que l'adrénaline, le cortisol et les hormones sexuelles. Ces hormones régulent de nombreux aspects de notre santé, y compris notre réponse au stress, notre métabolisme et notre équilibre hydrique.
Les gonades sont les organes reproducteurs : les testicules chez les hommes et les ovaires chez les femmes. Elles produisent les gamètes (spermatozoïdes chez les hommes, ovules chez les femmes) et des hormones sexuelles (comme la testostérone et les œstrogènes) qui régulent le développement sexuel et la fertilité.
Dans ce contexte, le SF-1 joue un rôle clé dans le développement et le fonctionnement normal de ces glandes. Il agit comme un régulateur, contrôlant l'activation ou la désactivation des gènes nécessaires à la production des hormones.
Quand le gène SF-1 subit des mutations, cela perturbe son fonctionnement, ce qui peut entraîner des troubles graves. L'un de ces troubles est le trouble du développement sexuel (DSD), où il existe une discordance entre les caractéristiques sexuelles génétiques, hormonales et anatomiques. Dans ces cas, les caractéristiques sexuelles externes peuvent ne pas correspondre aux caractéristiques internes ou génétiques. Les mutations du SF-1 sont responsables de 10 à 20 % des cas de DSD où la cause génétique est connue. En d'autres termes, si le SF-1 ne fonctionne pas correctement à cause de mutations, les glandes surrénales et les gonades ne peuvent pas se développer correctement ni produire les hormones nécessaires en quantité suffisante.
Le projet Goldilocks vise à comprendre et traiter ces dysfonctionnements, avec deux objectifs principaux :
- Comprendre l'importance du dosage de SF-1 dans le développement des gonades : Pour ce faire, les scientifiques utilisent un nouveau modèle animal dans lequel nous augmentons l'expression de SF-1 dans des tissus spécifiques. Cela permet d'étudier comment cette augmentation influence le développement et le fonctionnement des gonades. Ils examinent également comment d'autres protéines et ARN (qui servent à fabriquer des protéines) interagissent avec SF-1, afin de mieux comprendre l'impact de ces interactions.
- Identifier de nouveaux gènes liés aux troubles du développement sexuel (DSD) : l'équipe de recherche explorent comment des gènes récemment découverts dans le réseau de SF-1 peuvent être impliqués dans les DSD. À cet effet, ils utilisent des technologies avancées comme le ChIP-seq (pour analyser comment SF-1 se fixe sur l'ADN) et le scRNA-seq (pour étudier l'expression des gènes dans chaque cellule). Ces techniques permettent de cartographier précisément où la protéine se fixe sur l'ADN des cellules, donnant ainsi une idée des gènes qu'elle active ou réprime, et comment elle influence leur expression. Cette technique aide à localiser les régions de l'ADN où SF-1 intervient pour contrôler l'expression des gènes.
- Examiner les variations génétiques chez les patients atteints de DSD et analyser les interactions entre SF-1 et d'autres protéines, telles que DAX-1, qui régule aussi la fonction de SF-1 et modifie son impact sur les gonades.
En combinant toutes ces approches, les scientifiques espérent identifier de nouveaux gènes impliqués dans les DSD et mieux comprendre les mécanismes sous-jacents de ces troubles.
Découvrez le portrait de Enzo Lalli à l'origine du projet Goldilocks !