Gaël Cristofari : quand les gènes sauteurs révèlent de nouvelles pistes dans le cancer

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Publié le 3 février 2026 Mis à jour le 3 février 2026

Découvrez le portrait de Gaël Cristofari, chercheur Inserm à l’Institut de Recherche sur le Cancer et le Vieillissement (IRCAN) – (Université Côte d’Azur, CNRS, Inserm)

Ses recherches

À l’Institut de Recherche sur le Cancer et le Vieillissement (IRCAN – Université Côte d’Azur, CNRS, Inserm ), Gaël Cristofari étudie le comportement des « gènes sauteurs », aussi appelés éléments transposables. Ces séquences d’ADN, longtemps considérées comme inutiles, représentent en réalité une part très importante de notre génome et constituent encore aujourd’hui une zone largement méconnue de la biologie.

Ces éléments ont la capacité de se déplacer dans le génome et, ce faisant, d’altérer le fonctionnement normal de certains gènes. Ils peuvent ainsi être impliqués dans l’apparition de maladies génétiques et contribuer au développement de certains cancers.

Grâce aux technologies de séquençage de nouvelle génération, qui ont profondément transformé les sciences du vivant en permettant une exploration fine et quantitative du génome, l’équipe de Gaël Cristofari explore cette « face cachée » de notre ADN afin d’identifier quels gènes sauteurs sont actifs, comment ils se déplacent, et dans quelles conditions ils peuvent devenir délétères pour les cellules. Les objectifs principaux de ces travaux sont :

  • Identifier les gènes sauteurs impliqués dans l’altération du génome : comprendre lesquels sont capables de perturber l’expression des gènes et de provoquer des anomalies cellulaires.

  • Comprendre leur rôle dans les maladies génétiques et les cancers : analyser comment ces éléments contribuent à la transformation des cellules et au développement de pathologies.

  • Améliorer le diagnostic : utiliser ces connaissances pour affiner la détection de certaines maladies génétiques et de cancers.

  • Ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques : identifier de potentielles cibles pour limiter ou corriger les effets délétères de ces séquences d’ADN.

Pour mener ces recherches, l’équipe s’appuie sur des technologies de séquençage à haut débit de dernière génération, capables d’analyser le génome avec une précision et une rapidité inédites.
 

Son parcours

Attiré très tôt par les sciences et le fonctionnement du vivant, Gaël Cristofari s’est orienté vers la biologie moléculaire lors de ses études en classe préparatoire puis à l’École Normale Supérieure de Lyon. Le début de sa carrière a coïncidé avec un moment clé pour les sciences du vivant : le séquençage du génome humain et l’émergence des technologies de séquençage à très haut débit.

La publication du premier assemblage du génome humain en 2001, pendant sa thèse, a marqué un tournant : elle a révélé l’abondance insoupçonnée des séquences issues des gènes sauteurs, ouvrant un nouveau champ d’exploration scientifique.

La médiation scientifique selon Gaël Cristofari

Selon lui, parler de ses recherches au grand public permet de prendre du recul sur des questions très spécialisées et de rappeler leur importance dans un contexte plus large. Il souligne également l’importance de partager ces connaissances avec les enseignants, acteurs clés dans la transmission de l’intérêt pour les sciences auprès des jeunes générations.

Il estime par ailleurs que les décideurs politiques gagneraient à intégrer davantage les chercheuses et chercheurs dans les processus de décision, afin de confronter les idées aux faits et à l’expérimentation.

Son objet emblématique

Le séquenceur ADN nanopore, un appareil de la taille d’une clé USB, capable de séquencer l’ADN en tout lieu, même en dehors du laboratoire. Symbole de la révolution technologique qui a transformé la biologie en science quantitative, cet outil illustre parfaitement l’évolution rapide des méthodes d’exploration du vivant.
 

Le séquenceur ADN nanopore, un appareil de la taille d’une clé USB, capable de séquencer l’ADN en tout lieu, même en dehors du laboratoire. Symbole de la révolution technologique qui a transformé la biologie en science quantitative, cet outil illustre parfaitement l’évolution rapide des méthodes d’exploration du vivant.