15 : Le radeau de la méduse

Ce que vous venez d’observer est un cnidocyste. Les cnidocystes sont les cellules « piquantes » des méduses. Elles sont composées d’un sac à venin dans lequel est enroulé un filament urticant, un peu à la manière d’un ressort. Lorsque que l’on touche l’une de ces cellules, le « ressort » saute, et le filament urticant est projeté à travers notre peau, à la manière d’un harpon !

D’où partons-nous ?

  • Comment se développe une méduse ? Comme chez tous les êtres vivants, les méduses adultes produisent des spermatozoïdes et des ovules, qui, en se combinant, deviennent un œuf, qui se transforme en larve. Cette larve, chez la quasi-totalité des méduses, coule pour se poser au fond de l’eau, et se fixe sur le fond. Elle se développe, fixée, et devient un polype, un petit tube orné de petits tentacules. Au fil de son développement, lorsqu’il est suffisamment grand, ce polype se détache du fond, et devient ainsi une toute petite méduse qui flotte au gré des courants, et qui continuera à grandir.
  • Quelle est la particularité de Pelagia par rapport aux autres méduses ? Bien que souvent perçue comme un ennui pour les vacanciers, la méduse Pelagia noctiluca est un précieux allié pour les scientifiques. Contrairement à la majorité des méduses, Pelagia émerge directement d’une larve sautant ainsi l’étape de polype fixé sur le fond. Ce qui fait d’elle une méduse exclusivement planctonique, flottant au gré des courants pendant toute sa vie. Cette particularité permet aux chercheurs d’observer directement et plus facilement le développement des muscles striés chez Pelagia tout au long de sa vie.
  • Quel est l’intérêt de comparer Pelagia et Clytia ? En comparant ces deux espèces, les chercheurs espèrent mieux comprendre comment les différents types de muscles se sont développés. Pelagia permet d’observer le développement musculaire de manière continue grâce à son mode de vie planctonique, tandis que Clytia est bien connue génétiquement. Cette comparaison aide à reconstruire l’évolution précoce des gènes et des cellules musculaires chez les méduses, fournissant des indices sur l’évolution des systèmes neuromusculaires chez les animaux.
  • Bonne nouvelle ! Le projet MYODEVO, mené au Laboratoire de Biologie du Développement de Villefranche par l’équipe de Lucas Leclère, vise à étudier les muscles de deux espèces de méduses, Pelagia noctiluca et Clytia hemisphaerica, pour comprendre l’évolution des gènes et des cellules musculaires chez ces animaux. Pelagia noctiluca et Clytia hemisphaerica ont des muscles striés qui permettent des contractions rapides pour la nage, ainsi que d’autres types de muscles pour se nourrir. Les chercheurs veulent déterminer comment les différents types de muscles chez les méduses se sont développés au cours de l’évolution.

A vous de jouer !

Nouveau dans l’équipe, vous croyez fermement au potentiel de Pelagia noctiluca comme espèce de laboratoire prometteuse. Alors que vous venez de rejoindre vos collègues, vous vous apprêtez à expliquer pourquoi cette méduse, souvent redoutée par les vacanciers, est en réalité une alliée précieuse pour les scientifiques, notamment en raison de son système reproducteur ultra-performant.

Comment se déroule le cycle de reproduction de Pelagia noctiluca ?
  • Gamètes > Œuf > Larve > Polype > Méduse
  • Gamètes > Œuf > Larve > Méduse
  • Gamètes > Œuf > Polype > Méduse
Réponse

Gamètes > Œuf > Larve > Méduse ! Contrairement à Clytia hemisphaerica, la méduse Pelagia noctiluca se développe directement à partir de la larve, évitant ainsi le stade intermédiaire du polype. Cette caractéristique unique accélère son cycle de reproduction, ce qui en fait un sujet d'étude privilégié en laboratoire.

Pourquoi ce cycle de reproduction est-il avantageux en laboratoire ? 
  • Observations et études plus faciles et plus rapides
  • Économie d’eau et de nourriture pour les élevages
  • Gain de propreté dans les aquariums
Réponse

Observations et études plus faciles et plus rapides ! De la production de gamètes à la formation de méduses, le cycle de reproduction de Pelagia noctiluca dure seulement cinq jours, permettant des observations fréquentes et des images capturant des détails morphologiques distincts.

Contrairement à Clytia hemisphaerica, Pelagia noctiluca fait partie du plancton :
  • Toute sa vie
  • Au stade larvaire seulement
  • Au stade larvaire et au stade adulte, mais pas entre les deux
Réponse

Toute sa vie ! Puisqu’elle ne passe par le stade polype au cours de son développement, Pelagia noctiluca n’est jamais fixée sur le fond : elle fait donc partie du plancton toute sa vie !


Plongez dans le projet MYODEVO pour en savoir plus et découvrez le portrait de Lucas LECLÉRE à l'origine du projet !

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